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La phobie serait-elle un effet

de mode, un caprice ?

ou recouvre-t-elle une détresse

bien réelle dont les causes

et les conséquences doivent être prises au sérieux ?”

 

 

 

Les phobies

 

Les phobies, on en parle de plus en plus. C’est un terme qui fait désormais partie du langage courant, et nombreuses sont les personnes qui avouent souffrir d’une phobie. Cet aveu déclenche des réactions mitigées qui vont de l’incompréhension à l’amusement, voire à l’agacement.

 

Il y a une cinquantaine d’années, les seules phobies dont on parlait en société étaient la « claustrophobie » (la peur du confinement) et, plus rarement, son contraire « l’agoraphobie »  (la peur des espaces et de la foule).

 

Aujourd’hui, on en voit fleurir des dizaines, et la liste des déclencheurs phobiques paraît illimitée : les avions, les araignées, les transports en commun, les ascenseurs, les chats, l’obscurité, l’altitude, l’eau, les piqûres, etc.

La phobie serait-elle un effet de mode, un caprice ? ou recouvre-t-elle une détresse bien réelle dont les causes et les conséquences doivent être prises au sérieux ?

 

Le terme « phobie », du grec phobos, effroi, désigne un ensemble de troubles psychologiques liés à l’anxiété et qui se focalisent sur une entité extérieure capable de susciter une peur irrationnelle. D’un point de vue médical, on parlera de phobies si les réactions qu’elles entraînent sont suffisamment invalidantes.

En psychanalyse, on verra dans la phobie une réaction défensive dont on cherchera à comprendre l’origine afin de la dépasser.

Loin d’être un phénomène isolé, les phobies touchent entre 5 et 25 % de la population. Elles constituent la pathologie psychiatrique la plus fréquente chez les femmes et la deuxième chez les hommes. L’apparition des phobies est généralement liée à l’enfance et à l’adolescence.

 

La psychopathologie reconnaît trois familles de phobies : les phobies « simples » sont déclenchées par un objet externe bien spécifique : araignée, souris, chien, chat, épingle, sang, avion, etc.. Souvent négligées par l’entourage et parfois tournées en ridicule, elles peuvent être une source de détresse psychologique majeure et avoir des conséquences importantes sur la qualité de vie (phobie des transports, phobie des animaux, phobie des phénomènes naturels).

Les phobies « sociales » révèlent la crainte de l’autre, de son regard, de son jugement, bref, de toute forme de confrontation.

Ce concept moderne recouvre, en fait, tous les phénomènes connus jusqu’alors sous le terme de timidité. Les conséquences de ces phobies peuvent être catastrophiques.

La troisième famille est constituée exclusivement par l’ « agoraphobie ».

Selon son étymologie (agora, place publique en grec), c’est la crainte éprouvée devant les grands espaces libres.

En fait, l’agoraphobe redoute les endroits dépourvus de refuges ou qu’il craint de ne pouvoir quitter en cas d’urgence.

L’idée de se trouver confronté à pareille situation peut le frapper de panique.

Il vivra alors en reclus, incapable de quitter son domicile. C’est une phobie complexe dont les causes ne sont pas encore bien connues.

Si les phobies animales (araignées, serpents, chats, etc.) apparaissent vers sept ans, les phobies sociales comme la claustrophobie, la blemmophobie (peur du regard de l’autre) ou l’agoraphobie apparaîtront plus tard, vers vingt ans.

Il faut préciser que les phobies relatives à des maladies comme la « nosophobie » (peur des maladies en général) ou la cancérophobie (peur du cancer) sont en principe des formes d’hypocondrie et non des phobies simples.

 

En résumé, on parle de phobie pour désigner le degré exacerbé, voire paroxystique d’une réaction normale : l’appréhension légitime devant un risque est disproportionnée et déclenche des réactions incontrôlables et excessives.

Les personnes souffrant de phobies chercheront, bien entendu, à se trouver le plus loin possible des situations phobogènes. Si elles ne peuvent y échapper (avion, train, foule, etc.) elles tenteront de s’en protéger grâce à des objets dits « contraphobiques » comme des objets religieux, des gris-gris, des formules conjuratoires, des conduites d’évitement, etc.

Les phobies sont souvent révélatrices d’angoisses profondes qu’il ne faut ni sous-estimer, ni tourner en dérision.

Elles résultent souvent d’un traumatisme subi dans l’enfance. Sous une forme incompréhensible pour l’entourage, ce sont des signaux d’alarme indiquant un conflit non résolu entre deux entités ressenties comme menaçantes : sa propre réalité intérieure et l’angoissante réalité du monde extérieur.

 

 

Quelques phobies (parmi des centaines)

 

Acrophobie : peur des hauteurs, allourophobie : peur des chats,

Arachnophobie : peur des araignées, bélonéphobie : peur des aiguilles, des piqûres

Démophobie : peur des foules, erpétophobie : peur des serpents

Ereutophobie : peur de rougir, hydrophobie : crainte de l’eau

Nyctophobie : peur du noir, de la nuit, pantophobie : peur de tout